Content

Consommation d’alcool au Canada : données et tendances

Body

Nous suivons les tendances dans la consommation d’alcool et ses méfaits à l’aide d’un ensemble d’indicateurs qui en dénotent la prévalence et les conséquences sur la santé et la société.

Qu’est-ce que l’alcool?

Body

L’alcool est la substance légale la plus consommée au Canada. Aussi appelé éthanol (EtOH; formule chimique : C₂H₅OH), l’alcool est produit par fermentation de fruits, de céréales ou de légumes. La distillation permet ensuite de concentrer l’alcool fermenté afin d’en augmenter la teneur en alcool.

Si sa consommation est largement acceptée socialement, l’alcool n’en risque pas moins d’entraîner des conséquences sanitaires et sociales néfastes associées à l’ivresse, à l’intoxication et à l’accoutumance. En fait, l’alcool est la substance qui entraîne les coûts sociaux et économiques les plus élevés au Canada.

Body

Prévalence de la consommation d’alcool
 

Consommation d'alcool au Canada 
 

L’alcool est la substance psychoactive la plus consommée au Canada. Les sondages menés par le passé révèlent en effet qu’une vaste majorité d’adultes en ont déjà consommé au cours de leur vie, ce qui témoigne de son profond ancrage dans la société malgré ses méfaits attestés sur les plans sanitaire et social.

 

Population générale 
 

Body

Source:CEMUSC

 

Les estimations de prévalence produites dans le cadre du projet Coûts et méfaits de l’usage de substances au Canada (CEMUSC) montrent qu’en 2024, 77,8 % des personnes âgées de 15 ans et plus vivant au Canada avaient consommé de l’alcool au moins une fois dans la dernière année. Cette estimation est relativement stable depuis 2008 (77,3 %). À l’échelle régionale, la prévalence de la consommation d’alcool dans la dernière année a varié entre 66,8 % (19 081 personnes) au Nunavut et 83,0 % (6,3 millions) au Québec. Dans l’ensemble, la consommation d’alcool dans la dernière année est plus fréquente chez les hommes (80,9 %) que chez les femmes (74,8 %). C’est d’ailleurs une tendance qui se maintient dans toutes les régions. Les adultes de 35 à 64 ans sont plus susceptibles d’avoir consommé de l’alcool dans la dernière année (81,0 %) que les personnes de 15 à 34 ans (79,0 %) et celles de 65 ans et plus (69,6 %).

Body

Consommation d’alcool chez les jeunes
 

Consommation d’alcool chez les mineurs

Consommation d’alcool chez les étudiants postsecondaires

Au Canada, les données les plus récentes concernant la consommation d’alcool chez les élèves du secondaire sont recueillies dans le cadre de l’Enquête canadienne sur l’alcool et les drogues chez les élèves. Ces données révèlent une baisse de la consommation d’alcool chez les élèves du secondaire (7ᵉ à 12ᵉ année). En 2008-2009, 53 % des élèves ont indiqué avoir consommé de l’alcool dans la dernière année, alors qu’en 2023-2024, cette proportion avait chuté de 16,2 % pour passer à 36,8 %. La diminution est plus marquée chez les garçons (20 %) que chez les filles (12 %). En 2023-2024, la consommation d’alcool était légèrement plus fréquente chez les filles (39 %) que chez les garçons (35 %), comme le montre la figure ci-après.

Au Canada, les données les plus récentes concernant la consommation d’alcool chez les étudiants postsecondaires (ceux inscrits dans une université, un collège ou un cégep) sont recueillies dans le cadre de l’Enquête canadienne sur la consommation d’alcool et de drogues dans les établissements d’enseignement postsecondaire. Ces données indiquent que la proportion globale d’étudiants ayant consommé de l’alcool au moins une fois dans la dernière année est passée de 84,3 % en 2019 2020 (année scolaire) à 74,9 % en 2024-2025 (voir la figure ci-après). Dans cette population d’étudiants, davantage de femmes (78,1 %) que d’hommes (71,1 %) avaient consommé de l’alcool dans la dernière année.

 
 
Body

 

Coûts sociétaux de la consommation d’alcool
 

Coûts et méfaits de l’usage de substances au Canada (CEMUSC)

Le projet Coûts et méfaits de l’usage de substances au Canada (CEMUSC) fournit des données comparables, valides et à jour sur les coûts et méfaits de l’usage de substances au pays. Il s’agit d’une collaboration entre le CCDUS et l’Institut canadien de recherche sur l’usage de substances. Les plus récentes estimations sont tirées de données allant de 2017 à 2024 sur les coûts de soins de santé attribuables à l’usage de substances au Canada.

Au Canada, l’usage de substances entraîne des coûts de soins de santé considérables. En 2024, les soins de santé attribuables à l’usage de substances ont coûté 16,4 milliards de dollars. L’alcool était le principal facteur contributif et représentait près de la moitié de tous ces coûts, qui couvrent de nombreux problèmes de santé, comme le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies hépatiques, les blessures et d’autres affections aiguës et chroniques, dans l’ensemble du système de santé.
  


 

 

 

En 2024, les soins de santé attribuables à l’usage de substances ont coûté 16,4 milliards de dollars, l’alcool représentant 7,8 milliards, soit environ 47,6 % du total.

Les coûts de soins de santé par personne ont augmenté de 5,5 %, passant de 179 $ en 2017 à 189 % en 2024.
 


 

Conséquences de la consommation d’alcool sur la santé
 

Quels problèmes de santé présentent un lien de causalité avec l’alcool?

Voici une liste des problèmes de santé entièrement (E) ou partiellement attribuables à la consommation d’alcool. ’ Le risque de développer ces problèmes augmente selon la quantité d’alcool consommée. Donc, plus on boit, plus le risque est élevé. Un tel constat correspond à ce qui est indiqué dans les Repères canadiens sur l’alcool et la santé, publiés en 2023. Ceux-ci donnent aux personnes au Canada de l’information sur les risques que pose l’alcool pour la santé et les aident à prendre des décisions éclairées concernant leur consommation. Pour en savoir plus sur les repères, consultez la section Promotion de la santé ci-dessous.
 

Catégorie

Problèmes de santé présentant un lien de causalité avec l’alcool

Cancer

Cavité buccale et pharynx, œsophage, côlon, rectum, foie, larynx, sein 

Maladies cardiovasculaires

Myocardiopathie alcoolique (E), hypertension, cardiopathies ischémiques, accidents vasculaires cérébraux (AVC) hémorragiques, AVC ischémiques, varices œsophagiennes

Maladies transmissibles

VIH

Maladies qui surviennent pendant la grossesse

Complications pendant la grossesse dues à l’usage d’alcool de la mère (E), syndrome d’alcoolisme fœtal (E), faible poids de naissance

Maladies de l’appareil digestif

Gastrite alcoolique (E), pancréatite causée par l’alcool (E), cirrhose, pancréatite

Maladies endocriniennes 

Pseudosyndrome de Cushing dû à l’alcool (E), diabète (type 2)

Accidents de la route

Accidents de la route

Affections neuropsychiatriques

Trouble lié à l’usage d’alcool (E), polynévrite alcoolique, myopathie et dégénérescence du système nerveux (W), épilepsie

Blessures accidentelles

Intoxication accidentelle par l’alcool (E), chutes, noyades, incendies, autres blessures accidentelles, intoxication accidentelle par des substances autres que l’alcool

Blessures intentionnelles

Auto-intoxication intentionnelle par l’alcool (E),voies de fait et homicides, autres lésions auto-infligées, autres blessures intentionnelles, autointoxication intentionnelle par des substances autres que l’alcool

Troubles respiratoires

Tuberculose, affections des voies respiratoires inférieures 

Body

 

Conséquences de la consommation d’alcool sur les services de santé
 

Hospitalisations, visites à l’urgence et services ambulanciers

La consommation d’alcool impose un fardeau considérable sur les services de santé au Canada, car des gens nécessitent des soins dans de multiples secteurs du système de santé, notamment les hôpitaux, les services d’urgence et les services ambulanciers.
 

 


En 2024, le taux de visites à l’urgence attribuables à la consommation d’alcool s’établissait à 2 041 par 100 000 personnes, ce qui témoigne d’un recul relativement constant par rapport au taux observé en 2017 (2 323 par 100 000 personnes). Il y a eu une baisse marquée en 2020 à cause de la pandémie de COVID-19 : le taux était alors inférieur à 2 000 (1 922 par 100 000). Il est ensuite remonté en 2021 (2 118 par 100 000) avant de diminuer légèrement jusqu’en 2024.

Les taux d’hospitalisations et de services ambulanciers liés à l’alcool sont demeurés relativement stables entre 2017 et 2024. Le taux de services ambulanciers a augmenté légèrement de 717 par 100 000 personnes en 2017 à 728 par 100 000 en 2024. Il y a eu une légère baisse du taux d’hospitalisations attribuables à la consommation d’alcool, de 310 à 292 par 100 000 personnes, entre 2017 et 2024.

Bien que le nombre d’hospitalisations liées à l’alcool ait légèrement diminué, les plus récentes données du projet CEMUSC sur les coûts de soins de santé montrent que les hospitalisations entièrement attribuables à l’alcool (p. ex. les auto-intoxications accidentelles ou intentionnelles) ont augmenté de 8,1 %, passant de 65,4 par 100 000 en 2017 à 70,7 par 100 000 en 2024. 

 

 

Body

Repères canadiens sur l’alcool et la santé (2023)


Le CCDUS a publié les Repères canadiens sur l’alcool et la santé le 17 janvier 2023. Il s’agit d’un rapport demandé et financé par Santé Canada qui modifie en profondeur les recommandations nationales quant à la consommation à faible risque pour mieux les aligner sur les meilleures données probantes disponibles. La conclusion est que même de faibles quantités d’alcool comportent des risques et que si une personne consomme de l’alcool, « boire moins, c’est mieux ». Les repères présentent un continuum de risques liés à la consommation d’alcool’.


Des campagnes de santé publique, comme la campagne « Boire moins, c’est mieux » du CCDUS, et des organismes de santé publique provinciaux, notamment au Nouveau-Brunswick avec la campagne « Lorsqu’il s’agit d’alcool, moins c’est mieux », diffusent activement le message des repères sur le fait que boire moins, c’est mieux pour inciter les personnes au Canada à envisager de réduire leur consommation.


Les repères ont été diffusés à grande échelle par les provinces, les territoires, les régions, les villes et les municipalités, partout au Canada, et ont reçu l’aval du Conseil des médecins hygiénistes en chef. Ils ont été intégrés à la Ligne directrice canadienne pour la prise en charge clinique de la consommation d’alcool à risque élevé et du trouble d’utilisation de l’alcool, en tant que pratiques exemplaires utiles pour aborder et traiter une consommation d’alcool pouvant menacer la santé à long terme.


Au début de 2024, environ 60 % des adultes au Canada ont indiqué avoir entendu parler des  repères et de leurs messages clés, ce qui représente un rayonnement remarquable pour un rapport publié seulement un an plus tôt.


Les repères indiquent que les étiquettes de mise en garde sont un outil essentiel pour transmettre efficacement aux personnes vivant au Canada l’information dont elles ont besoin pour prendre des décisions éclairées concernant leur consommation d’alcool. Ils mentionnent des étiquettes d’information sur la consommation à moindre risque, le verre standard et les conséquences pour la santé. Pour en savoir plus, consultez le document Étiquettes de mise en garde sur les contenants d’alcool : données et santé publique.
 

Body

 

Initiatives, politiques et investissements pancanadiens 


Le Canada ne s’est pas doté de loi sur l’alcool comme il l’a fait pour d’autres substances légales comme le tabac et le cannabis. Le contexte politique canadien relatif à l’alcool est actuellement façonné par deux forces majeures mais opposées : la pression du gouvernement fédéral en faveur d’une déréglementation économique pour stimuler le commerce entre les provinces et les territoires, et un mouvement de santé publique en plein essor en faveur de mises en garde plus strictes sur les risques de la consommation d’alcool pour la santé. Voici un aperçu des politiques, des initiatives et des investissements récemment adoptés au pays en matière d’alcool.

Promotion de la santé

Body

La mise en œuvre de politiques exhaustives sur la consommation d’alcool constitue l’une des stratégies les plus efficaces à l’échelle de la population pour réduire les méfaits globaux et donner aux communautés les moyens de faire des choix plus sains. La présente section met en lumière les politiques et les initiatives fédérales et régionales qui permettent aux gens de prendre des décisions éclairées quant à leur consommation d’alcool, notamment des mises en garde sur les produits alcoolisés et des campagnes de sensibilisation aux risques.

Accordion Items
01

Fédéral

02

Regional

Services policiers et application de la loi

Body

Au Canada, les accidents de la route impliquant de l’alcool figurent toujours parmi les principaux facteurs de mortalité et de morbidité imputables à la consommation d’alcool. Les mesures de lutte contre la conduite avec facultés affaiblies, comme les programmes d’accès graduel à la conduite pour les nouveaux conducteurs et les programmes d’antidémarreurs éthylométriques, sont des exemples de politiques fondées sur des données probantes qui ont le potentiel de réduire considérablement les accidents liés à l’alcool et de renforcer la sécurité individuelle et publique.

Accordion Items
01

Fédéral

02

Régional

Établissement des prix et taxation

Body

Hausser le prix de l’alcool grâce à des leviers tels qu’un prix minimum par unité, des taxes de vente spécifiques et des majorations est l’un des moyens les plus efficaces de réduire la consommation et de prévenir les méfaits liés à l’alcool. Voici un aperçu des initiatives et des politiques d’établissement des prix fédérales et régionales qui ont une incidence sur la consommation d’alcool et ses méfaits.

Accordion Items
01

Fédéral

02

Régional

Vente au détail

Body

Depuis 2023, plusieurs provinces ont élargi l’accès à la vente d’alcool au détail en invoquant souvent des retombées économiques et une plus grande praticité pour les consommateurs. Les données probantes démontrent toutefois que les coûts sociaux attribuables à l’alcool dépassent les recettes publiques tirées de sa vente de 6,4 milliards de dollars par année au Canada.

Accordion Items
01

Régional