En 2001, 976 305 Canadiens se sont déclarés Autochtones (3 % des Canadiens). Soixante-dix pour cent des Autochtones ne vivent pas dans une réserve. Soixante-deux pour cent se déclarent Indiens, 30 %, Métis, et 4 %, Inuits. La population autochtone du Canada est diversifiée sur le plan de l'ascendance, des antécédents et de la culture. Il y a 630 Premières nations (bandes) composées de 52 nations ou groupes culturels qui parlent plus de 50 langues. Même si l'état de santé général des Autochtones au Canada n'est pas aussi bon que celui de la population en général, il s'est amélioré au cours des 20 dernières années. Divers aspects de la santé des Autochtones se sont considérablement améliorés. Par exemple, les taux de mortalité infantile et le taux de mortalité attribuable aux maladies du système circulatoire sont à la baisse, les taux de mortalité attribuable au cancer dans la population autochtone sont inférieurs à la moyenne nationale, et on progresse dans la maîtrise des maladies transmissibles.
Néanmoins, les Autochtones du Canada continuent d'afficher des taux supérieurs de mortalité attribuable aux maladies respiratoires, gastro-intestinales, infectieuses, aux maladies du système circulatoire, de même qu'aux infections parasitaires. Le diabète est l'une des maladies chroniques les plus graves dans cette population. Comparativement à la population en général, les Autochtones canadiens sont beaucoup plus susceptibles de mourir suite à des blessures, un empoisonnement ou un suicide, et ces taux relativement élevés sont probablement attribuables en partie aux taux plus élevés d'alcoolisme et de toxicomanie.
Il n'y a actuellement guère de renseignements précis décrivant les problèmes de toxicomanies dans la population autochtone au Canada. Les statistiques sur les morts violentes (y compris les suicides, homicides, empoisonnements et surdoses, accidents et noyades), qui en donnent une idée, indiquent que la population autochtone présente des taux de mort violente considérablement supérieurs à ceux de l'ensemble de la population au Canada. Les taux de suicide chez les adolescents autochtones sont beaucoup plus élevés que le taux de l'ensemble des adolescents au pays. Il semble que l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation foetale soit plus prévalent chez les Autochtones. L'utilisation de solvants pour fins d'intoxication chez les enfants est un problème très préoccupant dans certaines collectivités autochtones. On considère que dans certaines collectivités autochtones éloignées, l'inhalation des vapeurs d'essence, surtout chez les jeunes, aurait contribué de façon systématique à la détérioration des liens communautaires et familiaux. Dans les territoires du Canada, on indique que le pourcentage d'Autochtones qui se présentent comme des buveurs est inférieur à celui enregistré chez leurs homologues non autochtones, mais les Autochtones qui boivent sont plus susceptibles de boire abusivement. Il y a aussi des indications selon lesquelles l'abus de tabac et la consommation de drogues injectables sont également des problèmes qui revêtent une importance particulière dans la population autochtone. Par exemple, dans sept grandes villes canadiennes, un cinquième des jeunes Autochtones de la rue déclarent avoir déjà utilisé des drogues injectables.
La discrimination, les effets des pensionnats et les obstacles aux soins de santé, comme la langue et le manque de services adaptés à la culture, précipitent l'apparition des problèmes entraînés par la pauvreté, la faible scolarité, l'instabilité de la structure familiale, le chômage, la violence physique, la médiocrité des réseaux de soutien social et la participation à la criminalité, ou encore les aggravent. Même si ces problèmes soulèvent des défis importants pour lesquels l'utilisation de substances est perçue comme un mécanisme d'adaptation, bon nombre de collectivités autochtones sont parvenues à prévenir ou à atténuer les problèmes de consommation d'alcool et de drogues chez leurs membres. Ces collectivités réussissent à appliquer, à l'échelle communautaire, des solutions fondées sur leur culture pour s'attaquer à des problèmes qui sont, en grande partie, déterminés sur le plan social.
La Commission royale sur les peuples autochtones avait déterminé les dimensions de la santé communautaire dont on doit tenir compte pour améliorer la santé et le mieux-être des peuples autochtones :
- pauvreté et aide sociale,
- refuge, eau potable et installations sanitaires, tant au niveau individuel que communautaire,
- conditions environnementales, y compris la pollution et la régénération des terres et de l'habitat.

Références
Aboriginal substance use: research issues
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Ottawa, ON: Canadian Centre on Substance Abuse, 1994.
Profil canadien : l'alcool, le tabac, et les autres drogues
Single, Eric; Van Truong, Minh; Adlaf, Edward; Ialomiteaunu, Anca (eds.)
Ottawa, ON: Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies et le Centre de toxicomanie et de santé mentale, 1999.
Enhanced surveillance of Canadian street youth phase II: self identified Aboriginal youth a sub analysis
Shields, Susanne
Ottawa, ON: The author, 2000.
Health promotion theory and strategies: module one community prevention training series
Roberts, Gary
Edmonton, AB: Nechi Training, Research and Health Promotion Institute, 1996.
Rapport de la Commission royale sur les Peuples autochtones
Commission royale sur les Peuples autochtones, 1996.
Towards holistic wellness: the Aboriginal Peoples report of the Standing Committee on Health = Vers le mieux-être holistique: les peuples autochtones rapport du Comité permanent de la santé
Canada Parliament House of Commons
Ottawa, ON: Queen's Printer, 1995.