Nouvelle stratégie pour le Canada! S’abstenir de faire du mal : Répondre à la crise liée aux médicaments d’ordonnance au Canada Voir maintenant | |
Le mauvais usage de médicaments sur ordonnance est en passe de devenir un problème important de santé et de sécurité publiques en Amérique du Nord et en Australie. Ce phénomène grandissant touche de nombreux médicaments psychothérapeutiques, dont les opioïdes sur ordonnance. Voici une liste des types de médicaments sur ordonnance pour lesquels il existe un risque d'abus.
Au cours des dernières années, le Canada est devenu le deuxième consommateur mondial par personne d'opioïdes sur ordonnance (OICS, 2010). Cette consommation s'est accompagnée d'une forte hausse des méfaits causés par la prise d'opioïdes, notamment la mort par surdose et la dépendance (Dhalla et coll., 2009).
À la suite de consultations pancanadiennes menées en 2003 2004 par Santé Canada et le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT), l'utilisation de produits pharmaceutiques à des fins non médicales a été qualifiée de problème prioritaire. (Ces consultations ont été organisées afin d'orienter la conception du Cadre national d'action pour réduire les méfaits liés à l'alcool et aux autres drogues et substances au Canada.) Depuis, bien qu'on ait constaté quelques différences à l'échelle régionale propres à certaines substances, il demeure impératif de mettre sur pied une stratégie pancanadienne nécessitant une approche de concertation entre les gouvernements, les professionnels de la santé, les intervenants, le système de justice pénale, l'industrie et les organismes provinciaux de réglementation.
L'un des principaux obstacles à la lutte contre le mauvais usage de médicaments sur ordonnance est le besoin de créer un équilibre entre un accès rapide et approprié à des médicaments sur ordonnance pour le traitement de la douleur et la réduction des méfaits associés au mauvais usage, à l'abus et au détournement. Il sera également nécessaire d'améliorer notre compréhension de la douleur, des dépendances et des comorbidités (soit les troubles de santé mentale) dans une situation d'abus, de mauvais usage ou de détournement de médicaments sur ordonnance.
Alors que les stratégies de réaction et d'intervention associées aux substances illicites sont légion, les médicaments sur ordonnance constituent une sorte de « zone grise » à cause de leur statut juridique et de leur caractère essentiel d'un point de vue thérapeutique, ainsi que de leur potentiel élevé de dépendance, de détournement et d'abus.
À bien des égards, notre compréhension collective de la consommation de médicaments sur ordonnance à des fins non médicales au Canada demeure embryonnaire. Pourtant, il existe actuellement un besoin criant de mettre en œuvre des politiques et des pratiques permettant de s'occuper efficacement à la fois du traitement de la douleur et de la toxicomanie afin d'éviter que la situation dégénère.
Constatez par vous-mêmes quelles mesures sont prises actuellement au Canada pour lutter contre le mauvais usage de médicaments sur ordonnance.

Quels types de médicaments sur ordonnance présentent un risque d'abus?
Voici une liste non exhaustive de médicaments sur ordonnance couramment utilisés à mauvais escient : les analgésiques opioïdes (fentanyl, PercodanMD, DemerolMD, OxyNEOMD, etc.), les stimulants (RitalinMD, ConcertaMD, AdderallMD, DexedrineMD, etc.) les calmants et les tranquillisants (benzodiazépines, ValiumMD, AtivanMD, XanaxMD, etc.).
Qu'entendons-nous par les concepts de mauvais usage, d'abus, de toxicomanie et de dépendance? Consultez la page Définition de l'abus de médicaments sur ordonnance.

Mauvais usage de médicaments sur ordonnance au Canada : les faits
- Selon l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), le Canada occupe le deuxième rang mondial pour ce qui est de la consommation d'opioïdes sur ordonnance (2010). Au total, l'Amérique du Nord est responsable d'environ 80 % de la consommation mondiale d'opioïdes.
- Environ 19 % des Canadiens de 15 ans et plus ont consommé des analgésiques sur ordonnance durant les 12 mois précédant l'Enquête de surveillance canadienne de la consommation d'alcool et de drogues 2009 (ESCCAD).
- Selon l' Enquête sur le tabagisme chez les jeunes 2008–2009, 6,7 % des jeunes Canadiens de la septième à la douzième année ont répondu avoir consommé des médicaments sur ordonnance à des fins récréatives au cours de l'année précédente.
- En Ontario, les décès associés aux opioïdes sur ordonnance ont doublé en un peu plus de 10 ans, passant de 13,7 décès par million d'habitants en 1991 à 27,2 décès par million d'habitants en 2004*.
* Référence
Dhalla, I., M. Mamdani, M. Sivilotti, A. Kopp, O. Qureshi et D. Juurlink. Prescribing of opioid analgesics and related mortality before and after the introduction of long-acting oxycodone, Journal de l'Asssociation médicale canadienne, 2009. Consulté sur www.ecmaj.ca/content/181/12/891.full.

Mauvais usage de médicaments sur ordonnance chez les collectivités des Premières nations au Canada : les faits
- Dans l'enquête régionale sur la santé de 2002–2003, la consommation à des fins non médicales de produits pharmaceutiques psychotropes (notamment la codéine, la morphine et les opioïdes) arrive au second rang, après la marijuana.
- 12,2 % de la population a répondu avoir utilisé des produits pharmaceutiques psychotropes au cours de l'année précédente.
Source
Centre de gouvernance de l'information des Premières Nations (CGIPN). Enquête régionale longitudinale sur la santé des Premières Nations (2002-2003), Ottawa, Assemblée des Premières Nations/CGIPN, 2007.
Stratégie pancanadienne de lutte contre le mauvais usage de médicaments sur ordonnance
En février 2012, le CCLT a organisé un dialogue national sur le mauvais usage de médicaments sur ordonnance, qui a rassemblé des intervenants et des décideurs, notamment des organismes de réglementation, des responsables des politiques, l'industrie, des chercheurs, des représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, des spécialistes des soins de première ligne, des pharmaciens, des fournisseurs de soins inuits et des Premières Nations, des policiers et des spécialistes des toxicomanies et de la douleur, dans le but de déterminer ensemble les problèmes à aborder et de trouver des solutions potentiellement utiles pour la lutte contre le mauvais usage de médicaments sur ordonnance au Canada.
Au cours de la réunion, les participants ont notamment donné leur appui au CCLT pour qu'il prenne la tête d'un effort d'élaboration d'une stratégie nationale de lutte contre le mauvais usage de médicaments sur ordonnance. Une telle stratégie devra adopter une approche équilibrée qui tient compte des perspectives multiples et des divers intervenants ayant à cœur ce problème complexe. Nous encourageons tout effort visant à rendre plus sécuritaires les produits pharmaceutiques et à mieux les faire connaître afin de maximiser leurs bienfaits thérapeutiques tout en réduisant au minimum les méfaits.
Initiatives de lutte contre l'abus de médicaments sur ordonnance
Prochaines étapes
Pour en savoir plus sur la stratégie nationale, veuillez communiquer avec Robert Eves à reves@ccsa.ca.