C’est avec une profonde tristesse que le personnel du CCLT a appris le décès de David Archibald, fondateur inspirant et influent du Centre canadien de lutte contre les toxicomanies. David Archibald a grandement contribué au domaine de la toxicomanie. Il a laissé à la population canadienne un héritage dont nous pouvons être reconnaissants et extrêmement fiers. M. Archibald occupe une place très spéciale dans le cœur de tous ceux et celles qui ont travaillé dans l’organisation qu’il a créée et fait prospérer dès ses débuts.
En 1987, Jake Epp, alors premier ministre du Canada, invite M. Archibald à siéger à un groupe d’étude unipersonnel chargé de « réaliser la concertation nationale » des efforts déployés au pays pour lutter contre l’abus de substances et les toxicomanies. Le rapport historique d’Archibald mène à la création en août 1988 du Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT), dont David Archibald devient le président fondateur.
Il imaginait une organisation autonome, indépendante et sans but lucratif dotée d’un mandat national, mais remplissant aussi des mandats aux niveaux fédéral et provincial – une organisation exempte de toute influence politique indue. Comme l’a d’ailleurs dit David Archibald à l’époque,
« Pour trouver et présenter les faits tels qu’ils sont, et non comme on croit ou qu’on veut qu’ils soient, il faut faire preuve d’impartialité et se soustraire aux pressions exercées par les politiciens et les instances gouvernementales ».Malgré de nombreux obstacles et un contexte hautement politisé, M. Archibald réussit à obtenir l’appui de tous les partis en faveur de sa vision et, ainsi, à créer le CCLT. Vingt ans plus tard, le mandat du CCLT, tel qu’énoncé dans sa loi constitutive, demeure aussi pertinent qu’au moment de la création du Centre, témoignant de la prescience d’un homme parfaitement conscient des défis que pose la lutte contre l’abus de substances dans un contexte politique. Il comprenait le concept de responsabilité partagée et la nécessité d’amener une concertation accrue de l’ensemble des intervenants; il savait qu’il fallait instituer une organisation dont le leadership pousserait le domaine à prendre ses responsabilités. Il comprenait que les décisions devaient être prises en fonction des données probantes, et non de l’idéologie ou de considérations politiques; que la capacité du domaine à agir reposait sur l’échange de connaissances, de données probantes, d’expériences et de meilleures pratiques et que, pour la population canadienne, l’abus de substances devait avant tout rester une question sociale et sanitaire, et non être un défaut moral ou une affliction touchant les faibles.
Dans le cadre des célébrations entourant notre 20e anniversaire en 2008 et avec l’aide de sa bonne amie et collègue Anne MacLennan, ancienne rédactrice en chef du Journal, publication d’information internationale de l’ARF, le CCLT a rassemblé les souvenirs de David Archibald sur l’époque où le Centre a été créé et les a publiés dans le document
Il y a 20 ans aujourd’hui… Entretien avec H. David Archibald. À tous les collègues et connaissances de David Archibald, nous partageons votre tristesse – mais nous nous consolons de savoir que c’était un homme extraordinaire dont les contributions ont façonné le domaine de la toxicomanie. Le CCLT célèbre l’héritage qu’il nous lègue et prend le flambeau avec fierté.